Le dérisoire buzz protectionniste de Donald Trump . par Laurent Herblay

 

La politique économiques, façon clash et buzz
On en vient presque à se demander si cela vaut mieux que rien tellement il a suffi aux entreprises visées d’annonces souvent totalement dérisoires pour s’en sortir. Le cas de l’acier offre un nouvel exemple de la superficialité crasse de Donald Trump. Pour qui rentre un peu dans le détail des dernières annonces de mars, difficile de ne pas être saisi par le grand écart entre le bruit provoqué et la réalité des mesures. En effet, Challenges rappellait que, fin mars, le Canada, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique, l’Australie, l’Argentine, et les pays de l’UE sont exemptés de ces taxes. Le parallèle avec les statistiques d’importation d’acier du pays démontre la superficialité des annonces.
Car le Canada, le Brésil, la Corée du Sud et le Mexique représentent à eux seuls la moitié des importations d’acier des Etats-Unis. Au bas mot, on peut estimer que près des deux tiers des importations ne seront pas visées, d’autant plus que l’on peut imaginer que le monde des affaires saura argumenter pour rajouter de nouvelles exemptions du fait du péril que cela représenterait pour les industries consommatrices d’acier, comme le dit The Economist. En clair, pas grand chose ne changera, le monde des affaires va continuer à fonctionner comme avant, mais le président des Etats-Unis pourra se glorifier d’avoir mis en place des droits de douane totalement dérisoires sur des cibles dérisoires.
Il ne faut sans doute pas voir autre chose dans les annonces de guerre commerciale avec la Chine. Déjà, le fait de ne viser que 60 milliards de dollars de produits, pour un déficit bilatéral de plus de 300 milliards, en disait long sur la superficialité des annonces. Bien sûr, l’excité du réseau social a annoncé début avril qu’il pourrait augmenter l’addition de 100 milliards, mais le monde est de plus en plus habitué à ses foucades et on peut parier que plus le temps passera, plus le monde relativisera ses annonces davantage dignes d’une cour de récréation que du dirigeant d’un grand pays. D’ailleurs, l’évolution du Dow Jones depuis son élection démontre que les milieux des affaires lui font confiance.

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