Vider les poches des pauvres sans raison . par Fanny

De l’absurdité du nouveau contrôle technique

Enrichir les riches n’est pas bien difficile. C’est tout simplement dans les gènes du système économique qui gouverne le monde. L’argent va à l’argent. C’est quasi automatique.

Vider les poches des pauvres, c’est un peu plus compliqué.

D’abord, c’est mal vu. Nous héritons tout de même d’une civilisation chrétienne vieille de 2000 ans où « il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de Dieu ». Il est vrai que la religion chrétienne fut modernisée (on encourage actuellement l’islam à suivre cet exemple), sa version la plus récente réservant au riche une place de choix. Malgré tout, les anciennes versions n’ont pas disparu, les « vieux croyants » se voyant régulièrement reprocher de ne pas suffisamment aimer l’argent. Las de ce reproche, ceux-ci ont fini par décrocher : ils sont devenus agnostiques. Les églises sont vides.

Ensuite, ça viole les lois de la science économique. Une science mi-molle/mi-dure, mais une science quand même. Conformément à la théorie, l’argent jaillit d’une source inépuisable (depuis 1971), puis circule, ruisselle pour arroser finalement tout le monde, jusqu’aux plus démunis. Plus l’argent circule, plus ça arrose. Quand le flux ralentit, les banques impriment des sommes colossales et les injectent dans les tuyaux. Les poches des pauvres sont, comme celles de tout un chacun, dans le circuit économique et doivent en principe se remplir, plutôt que se vider.

Et puis les pauvres coûtent cher, du moins ceux qui sont vraiment dans le besoin. Il faut leur maintenir la tête hors de l’eau, les maintenir dans le circuit économique et seul l’argent public sait faire ça. De l’argent mort, du carburant qui va manquer aux turbines créatrices de biens matériels et de bien-être.

Enfin, les très pauvres se révoltent de temps à autre. Ce phénomène n’est pas prévu par la science économique. Tout doit être fait en sorte qu’il ne se produise pas, afin de valider la théorie.

Alors une question se pose : pourquoi a-t-on décidé d’alourdir sans réel motif ni besoin, au-delà de toute mesure, le contrôle technique des véhicules ? Pourquoi a-t-on décidé de vider les poches des pauvres sans justification ? Mystère.

Car justifier cette mesure au nom de la sécurité routière, c’est tout simplement impossible. Le parc roulant est aujourd’hui en très bon état grâce au contrôle technique raisonnable mis en place au siècle dernier. Toutes les voitures freinent, éclairent et tiennent convenablement la route. Il faudrait chercher longtemps dans les archives de l’accidentologie pour trouver le moindre accident dont la cause serait un défaut technique qui serait corrigé par les nouvelles mesures. On ne trouverait pas. Alors pourquoi ?

Faut-il incriminer des fonctionnaires à la Gogol cherchant à justifier leur existence par l’inflation administrative ?

Faut-il incriminer un lobby des garagistes et des constructeurs, à qui les pauvres vont devoir régler des factures considérables aux dépens de leurs dépenses vitales prioritaires ?

Faut-il incriminer la bêtise, le cynisme et la méchanceté que Bruxelles, malgré les milliers de directives incitant au Bien, n’a pas totalement éradiqués ?

Qui est l’auteur de ce crime économique, vider les poches des pauvres sans raison ?

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